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Hommage de Kate Milie et de Bruxelles Culture

Kate Millie

Pour 

Monique Toussaint

Il existe un magazine mensuel gratuit en ligne, très riche, luxuriant même, qui évoque les sorties culturelles à Bruxelles (théâtre, cinéma, concerts, etc.) mais aussi des livres, des auteurs… Son nom : Bruxelles Culture ! Son directeur : Daniel Bastié.


Dans le numéro de décembre 2023, l’autrice et médiatrice Kate Milie a réalisé une ITW de Julien-Paul Remy, à l’occasion de la sortie de la première version de son livre Monique Toussaint, Les 12 vies de Chapitre XII, depuis réédité par les éditions Edern.


Ci-dessous, les deux évoquent donc le projet du livre et la personnalité hors normes de Monique Toussaint.


Chapitre XII, les douze vies de Monique Toussaint, retrace l’histoire fascinante d’une librairie pas comme les autres et d’une libraire ayant révolutionné le concept dans les années 70. Le livre se dévore comme un roman.


Julien-Paul Remy, la languette du livre vous présente en tant que « jeune trentenaire signant son premier livre ». Qui êtes-vous ?

Je me définis avant tout comme un passionné : d’art, de langage, de pensée, de création au sens large, de transmission et d’humain. J’allie deux vies, l’une comme métier-vocation, l’enseignement en école publique, l’autre comme projets-passion, l’écriture et la danse contemporaine. Chaque activité s’apparente à un bâton qui, s’il ne reposait pas sur les autres, s’écroulerait. J’ai eu la chance d’être bien entouré et de rencontrer des personnes inspirantes. Au point de rapidement dénicher des activités faisant palpiter mon cœur, et des modes d’expression pour traduire ma vie intérieure.


Consacrer un premier ouvrage à une librairie n’est pas anodin… Quel est votre rapport à la lecture et à l’écriture ?

La lecture a joué le rôle d’oxygène, et l’écriture le rôle de respiration. Dans cette diversité, ce bouillonnement écartelé qu’on baptise la vie, j’essaye de façonner mon unité. De diviser ma vie pour ne pas diviser qui je suis.

Vous terminez votre opus de manière époustouflante ! « Je remercie du fond du cœur Monique Toussaint, pour sa capacité à transformer une rencontre accidentelle en projet existentiel. Pour avoir transformé ma vie en destin, en me laissant mettre en récit le sien. »

Ma rencontre avec Monique Toussaint appartient à ces événements qui bouleversent l’épicentre de la vie, et démentent, en partie, la théorie du déterminisme : la capacité d’une rencontre humaine à incurver la trajectoire d’un destin mérite d’être soulignée et célébrée. Malgré nos déterminations culturelles, sociales, biologiques, géographiques, etc., il existe des fenêtres qui permettent d’en sortir et de grimper jusqu’à la voûte étoilée pour changer notre constellation.


Quand et comment êtes-vous entré en relation avec Chapitre XII ?

J’ai découvert Chapitre XII en 2018 grâce au concours de deux ‘chevaliers des arts et des lettres’ à mes yeux, dans mon système personnel de décoration : le metteur en scène de théâtre et d’opéra Albert-André Lheureux, et le comédien et performer Christophe Jaccard.


On vous sent totalement fasciné par la personnalité de Monique Toussaint

Monique m’a semblé un personnage tout droit tiré de la littérature française, une sorte de comtesse à l’esprit libre et mordant, une dame à la fois truculente et prophétique. Une Madame de Merteuil humaniste. Elle passa vite d’objet de fascination à confidente, pour culminer en complice spirituelle et partenaire d’entreprises littéraires.


Racontez-nous vos rencontres avec cette « héritière des salons littéraires ».

Nous avons noué une double relation, à la fois privée et professionnelle. À l’image de la patte que Monique a donnée à Chapitre XII : légère et piquante, bienveillante et exigeante, intellectuelle et affective. J’admirais son sens de l’hospitalité : elle me recevait régulièrement à dîner pour penser la vie mais aussi la transformer, à travers des projets communs. Un jour, elle dévoila sa vision inédite : me confier les rênes de son char littéraire.


Comment faire face à une telle responsabilité ?

D’abord pusillanime et étouffé par la bourrasque de responsabilité associée à une telle mission, j’ai peu à peu pénétré et trouvé ma place dans sa vision, son tableau : transmettre l’histoire de sa vie et de son œuvre à travers la voix d’un membre d’une nouvelle génération. Elle m’a tellement fait confiance que j’ai fini par avoir assez confiance en moi pour l’assumer.


Et, ainsi, est née l’idée d’écrire ce livre ?

J’ai trouvé idéal d’entrer dans le monde de l’écriture et de l’édition en mettant sa plume au service d’autrui. Son murmure au service d’un autre souffle. Mon premier livre n’a pas répondu à une nécessité intérieure mais avant tout extérieure : l’urgence d’immortaliser un destin et d’en transmettre le suc singulier.


La librairie a été installée dans le propre domicile de Monique Toussaint, une maison de « caractère », bâtie par son grand-père, face aux élégants étangs d’Ixelles… Le lieu a-t-il contribué au succès ?

Absolument. D’un côté, la demeure familiale jetait pour ainsi dire un sort sur la plupart des visiteurs, fascinés par la beauté et le mystère en émanant, alimentés par les lustres, la luminosité, la vue donnant sur les étangs scintillants. D’un autre côté, par contraste avec son quartier résidentiel ixellois de belle endormie, Chapitre XII offrait une échappatoire, une autre vie. Pour d’aucuns, une utopie intellectuelle, humaine et artistique.


Élisabeth Badinter a signé la préface du livre avec cette phrase choc : « À mon avis, aucune autre librairie dans le monde n’offrait une telle expérience. »

A l’époque, les librairies accueillaient un auteur non pas comme une personne à part entière, mais comme simple signataire ou conférencier esseulé. Chapitre XII accordait à l’auteur invité une expérience globale, humaine et intellectuelle, intime et professionnelle, littéraire et gourmande. Une rencontre au sens le plus noble du terme : rencontre avec un lieu, une atmosphère, une intervieweuse-interlocutrice, un public. Monique Toussaint mettait un point d’honneur à recevoir dignement ses invités, notamment en leur offrant amuse-gueules, mousseux. Aujourd’hui, la postérité lui donne raison puisque sa formule de rencontre littéraire se retrouve dans toutes les (bonnes) librairies.


Un nombre incalculable d’écrivains, d’artistes, de personnalités du monde culturel, politique ont été reçus à Chapitre XII. Mais comment, diable, Monique Toussaint a-t-elle pu se créer un tel carnet d’adresses ?

Elle vous répondrait probablement « grâce à ma bonne étoile », sur un ton faussement innocent dont elle avait le secret, car, à ses yeux, son talent principal résidait dans un flair, une capacité à saisir les opportunités de l’existence pour transformer les étincelles du hasard en buisson ardent du destin. J’ajouterais bien sûr son audace. Elle provoquait la chance : tout d’abord, grâce à sa fine connaissance de la psychologie humaine. Ensuite, l’authenticité de sa manière de parler, d’interviewer, et d’être, inspirait la confiance. Sans oublier le travail inestimable des attachées de presse la fréquentant. De plus, Monique Toussaint a réussi à créer une véritable communauté d’âmes fidèles du Chapitre XII grâce à une communication judicieuse Enfin, l’effet domino d’un bouche-à-oreille retentissant. Ah, j’oublie un élément crucial : le rôle d’Yvon Toussaint, célèbre journaliste, auteur et rédacteur en chef du Soir ! Sa stature intellectuelle, sa position sociale  et son engagement dans la librairie de sa femme ont grandement contribué au rayonnement du Chapitre XII à ses débuts. Pour paraphraser et retourner un dicton connu, « derrière toute grande dame, se cache … un grand homme » ?


Monique Toussaint s’est éteinte il y a quelques mois… Que va devenir Chapitre XII ?

Le lieu va continuer à exister, car ses enfants, Jean-Philippe et Anne-Dominique Toussaint, ont déclaré vouloir « poursuivre l’œuvre culturelle de Momo sous une forme ou une autre pour faire vivre à jamais sa mémoire ».


Avez-vous un autre projet d’écriture ?

En tout cas, je ne compte nullement me faire vacciner contre le virus de l’écriture ! À terme, je désire publier un recueil d’aphorismes personnels, un genre littéraire semblable à une flèche : d’un côté, légèreté de mouvement, souplesse vibratoire ; de l’autre, tension vers l’éternité en raison de sa forme condensée et définitive, granitique. Ensuite, une pièce de théâtre, afin de transformer les mots en paroles. On en revient à la passion ! Car comme dirait Monique, « la passion est pire qu’un virus : on n’en guérit pas ».



RAPPEL ! Le livre évoqué, réédité en juin 2025 dans une version entièrement revue, peut être commandé chez votre libraire préféré ou via le site de l’éditeur EDERN (délais courts, procédure simple) :

 https://www.ederneditions.com/


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Pour en savoir davantage sur l’intervieweuse/autrice, experte ès polars, Bruxelles et art, voir son site :

https://katemilie.wordpress.com/


Consulter le texte de l’ITW dans le magazine (l'interview de Kate Milie se situe aux pages 98-99) :

https://issuu.com/eag.gallery/docs/bruxelles_culture_5_decembre_23


Pour en savoir davantage sur Bruxelles Culture (abonnement en ligne gratuit !), voir le numéro de janvier 26 :

https://online.fliphtml5.com/hipnx/bruxelles-culture-5-janvier-2026/#p=1



Kate MILIE, qui mène l’ITW.


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Julien-Paul REMY, l’interviewé.

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Philippe Remy-Wilkin.



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