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Contributions
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La ronde du souvenir
Ce 12 avril.
Il y a trois ans.
Jacques De Decker, écrivain, critique, traducteur et infatigable animateur des lettres belges s’en est allé, laissant orphelins la plupart de ceux qui avaient eu le privilège de le connaître.
Ce jour-là, d’avril 2020.
Marianne Sluzny
Jacques De Decker
pour
Du rôle fondamental de la passerelle
J’ai rencontré Henri Vernes et Bob Morane très tôt et par le plus grand des hasards. Quel âge pouvais-je avoir quand j’ai commencé à découper l’adaptation en bandes dessinées des Masques de soie, réalisée à la demande du magazine Femmes d’aujourd’hui? Moins de dix ans. J’ai conservé ces pages, qui ne mentionnent aucune date mais laissent filtrer l’un ou l’autre indice. Le numéro 1118 permet de situer l’aventure dans les dernières salves prépubliées par le magazine féminin. Or, à scruter Wikipédia, elles se seraient étalées entre 1962 et 1967.
Philippe Remy-Wilkin
Henri Vernes
pour
Le reufré de la gamberge
Godinne, Vallée Mosane. Il y a près de quarante piges. Je rencontre Denys. Il a 6 ou 7 ans de plus que moi. Le bougre a de la prestance, des tifs interminables, de la classe. Une ironie costaude. Une bicoque remplie de babillards, de plaquettes de poésie, de revues, de bouillons confidentiels et de meubles démantibulés. Une nana, Louise. Deux mômes: Nora et Justin. Mathilde et Nelly s’amèneront un poil plus tard.
Sandro Baguet
Denys-Louis Colaux
pour
Un certain sourire
J’ai eu cette chance — d’autres parleront de malchance en se remémorant l’hécatombe qui justifie ce Liber Amicorum — d’entrer en littérature dans les années 1990, époque florissante d’écrivains d’une génération plus âgée que moi et qui, pour la plupart, constituent désormais une histoire de la littérature belge.
Otto Ganz
Jacques De Decker
pour
Vignette normande
Les mots! On croit les savoir, mieux, les connaître. En faire usage, bon ou mauvais. On pense qu’ils sont là pour nous aider à penser, à dire… à vivre. Et puis vient le moment où l’on a besoin d’eux, vraiment, intensément! C’est alors qu’ils se dérobent, se détournent de notre langue, la “vernaculaire”, celle que de tout temps nous avons employée pour parler avec lui, ne nous sert qu’à peine pour parler de lui, l’ami. Nos mots nous échappent pour lui dire le plus simple, l’essentiel, tout ce que nous pensions avoir le temps de lui dire. Car on n’imagine jamais le silence, celui qui nous laisse sans voix, parce que nous le nommons simplement, soudainement, d’un autre vocable.
Jean-Claude Tardif
Werner Lambersy
pour
L’Existence
Werner Lamberski: le 7 novembre 96, à table, dans une brasserie parisienne, pas loin de ton lieu de travail, tu as presque dit: “un jour, peut-être, mon art saura ce que savent les chats, les poissons rouges et le thé vert du Sechuan”, le 15 janvier, même année, au réveil, ta chevelure blanche ébouriffée, ta barbe blanche disloquée, tu as dit que toi, toi toi, tu te méfiais de la pensée
Vincent Tholomé
Werner Lambersy
pour
L'Existence
Denys-Louis Colovski: je ne sais pas si tu frisais tes moustaches au fer à friser ou si, naturellement, leurs pointes pointaient vers le haut, je ne sais pas si, naturellement, tu pensais que l’amour était le début de l’art ou s’il t’a fallu atteindre un degré de sagesse avant de le penser, nous ne nous sommes jamais croisés, nous ne nous sommes jamais parlé, tes mots pourtant résonnent, tes mots pourtant font sens…
Vincent Tholomé
Denys-Louis Colaux
pour
S’il fallait croire
Nous n’avons pas pu tenir la promesse formulée quelques temps avant ton départ de relire ensemble Le loup de steppes de Hesse.
Notre vie devait rester en compagnie et sous la sauvegarde des livres, ensemble, dans une proximité étroite et amoureuse, dans une lecture partagée, intense et troublante, nous nous rapprochons l’un de l’autre et le territoire de la parole et de la pensée s’ouvrait à nous, intime et bouillant comme un temps d’aventure et d’exaltation.
Cela faisait partie de notre lien et d’une aptitude commune à échanger dans l’intelligence et le rire, le sarcasme, l’ironie, le feu des mots et du style.
Suzy Cohen
Denys-Louis Colaux
pour
Une journée d’amitié tranquille
Le 18 février 2020, j’ai écrit à Rio pour lui demander s’il était disponible afin qu’on se voie le lendemain, à Amay. Comme nous avons coutume de le faire de temps en temps. Il m’a répondu que c’était possible et il a ajouté: “Dans l’espoir qu’il fasse beau comme ces jours-ci, quelle merveille cette lumière! et nous pourrons parler de tous nos projets et tutti quanti. Caro Amico, un grande abbraccio.”
Francesco Pittau
Rio Di Maria
pour
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